Petite histoire de CQFD Lesbiennes féministes

L’association « CQFD lesbiennes féministes » nommée auparavant Fierté lesbienne, a été créée en 1997 promouvoir la visibilité des lesbiennes (ce qui n’est pas nommé n’existe pas) et lutter contre la lesbophobie mais aussi contre toutes les discriminations envers les êtres humains et particulièrement les femmes.

De 1995 à 2005, des initiatives sont prises pour marquer la place des lesbiennes dans les journées des Fiertés LGBT à Paris (nommée aussi « Gay Pride » et ensuite « Lesbian and Gay Pride »). Portées en 1995 et 1996 conjointement par Lesbia Magazine et Cineffable, ces actions, rassemblées sous le thème FIERTÉ LESBIENNE, se structurent en 1997 avec la création d’une association dédiée : CQFD, qui sera, dès l’origine, l’une des membres actives de la Coordination Lesbienne en France.

Ces actions de visibilité se dérouleront chaque année en juin avec :

  • Un char Fierté Lesbienne dans la marche des Fiertés LGBT à Paris;
  • Un forum d’une centaine d’associations lesbiennes et féministes venues de toute la France;
  • Un salon littéraire lesbien en 1999 avec Monique WITTIG;
  • En 2000 et 2001 des débats précurseurs sur la lesbophobie et les discriminations et violences lesbophobes au travail, avec la participation d’associations, députées et d’eurodéputées, inspectrice du travail, syndicalistes, associations et témoignages de victimes;
  • Des spectacles/performances et expositions;
  • Des projections vidéo (en partenariat avec Adèle Ciné/TGTL Très Grande Télévision Lesbienne);
  • Des concerts (en collaboration avec Stryge) au Théâtre Berthelot (Montreuil 93) et à Bobino;
  • Du cinéma avec Cineffable (Best of mixte) au cinéma l’Epée de bois puis au MK2 Beaubourg;
  • Une grande fête lesbienne, accueillant jusqu’à l’aube plus de 2000 femmes, qui clôturait ces manifestations Salle Wagram (Paris 17ème) pendant les huit premières années, puis à La Galerie (Paris 2ème). Une centaine de bénévoles rejoignait l’équipe organisatrice pour l’évènement.

En 2000, création d’un fonds destiné à soutenir les actions en justice de lesbiennes victimes de lesbophobie et/ou de sexisme

Ce fonds a été abondé chaque année par les excédents des fêtes de la Fierté lesbienne et, par la suite, par des dons d’individues.

De 2001 à 2017, CQFD, devenue entretemps CQFD Fierté Lesbienne, soutient financièrement une quinzaine d’action en justice, intentée par des lesbiennes, à raison d’un ou deux cas par an : harcèlement, discriminations et violences lesbophobes dans la rue, la famille, au travail …

Dans le même temps CQFD Fierté Lesbienne œuvre conjointement avec la Coordination lesbienne en France en direction du mouvement féministe, pour que les violences lesbophobes soient prises en compte parmi les violences faites aux femmes.

Au sein de la CLF, elle participe en 2000 au dépôt d’une proposition de loi contre la lesbophobie, contribue à la définition et à la vulgarisation de ce concept et se bat pour que le terme lesbophobie soit inscrit au dictionnaire.

En 2005, le champ d’action de CQFD s’ouvre à l’international

Nouer des partenariats avec d’autres organisations dans la perspective de créer un réseau lesbien européen

L’implication de CQFD au niveau européen est ancienne : participation aux marches d’autres Fiertés Européennes (Rome 2000, Neuchâtel 2002), invitation de groupes lesbiens d’autres pays (Italie 1998, Hongrie 2000.

En 2002, dans le cadre de la Marche Mondiale des Femmes, elle lance l’idée d’un réseau lesbien européen concrétisée par deux rencontres en 2005 : la première, en mai, à Marseille à l’occasion de la rencontre européenne de la Marche Mondiale des Femmes et la suivante, en novembre, au festival de films lesbiens Immaginaria de Bologne (Italie).

Par la suite, cette initiative est reprise par la Coordination Lesbienne en France avec l’organisation en 2013 de l’EuroLESBOpride, conjointement le CEL à Marseille, qui a accueilli la rencontre des organisations lesbiennes en Euro-méditerranée.

Agir contre la LESBOPHOBIE dans le monde

CQFD décide en 2010, d’ouvrir son fonds de solidarité contre la lesbophobie pour des actions de soutien à des organisations lesbiennes ou des cas de lesbophobie dans les pays où le lesbianisme est violemment réprimé.

De 2013 à 2018, elle prend aussi en charge la gestion du fonds de solidarité du réseau des Lesbiennes Dépassent les Frontières qui accompagne des lesbiennes demandeuses d’asile. Ce fonds sera transféré, courant 2018, à l’association Les Bienvenues créée spécifiquement pour le gérer.

CQFD Fierté Lesbienne assure pendant 10 ans la présidence de la Coordination Lesbienne en France (CLF) et poursuit aujourd’hui ses combats

De 2007 à 2015, CQFD Fierté Lesbienne assure la présidence de la Coordination Lesbienne en France puis, de 2015 à 2017, la co-présidence conjointement avec les associations lesbiennes féministes membres de la CLF : le CEL de Marseille, La Lune de Strasbourg, Bagdam Espace Lesbien de Toulouse et Repaire de Jubilation de Romans.

Fondamentalement opposées à l’exploitation du corps des femmes, la CLF avait pris position, dès 2001, contre ce que l’on appelait alors la technique des mères porteuses.

A partir de 2010, CQFD Fierté Lesbienne porte la lutte pour l’abolition universelle du recours à la maternité de substitution vers le mouvement féministe, notamment en publiant en 2011, au nom de la CLF, un manifeste (conjointement avec la CADAC, Collectif des Associations pour le Droit à l’Avortement et la Contraception, et le Planning Familial – actualisé en 2014 avec la CADAC) intitulé « Pourquoi nous sommes contre le recours à la GPA ».

En 2016, une alliance se noue entre la CLF, représente par CQFD Fierté Lesbienne, la CADAC et le CoRP, Collectif pour le Respect de la Personne en vue de lancer le mouvement international pour l’abolition universelle de la Maternité de substitution initié à Paris, le 2 février 2016, lors des premières Assises pour l’abolition universelle du recours à la GPA et dont les premières actions ont consisté à intervenir auprès du Conseil de l’Europe pour qu’aucune disposition en faveur de la GPA n’y soit prise.

A la dissolution de la CLF en 2017, CQFD Fierté Lesbienne a naturellement poursuivi cette action en étant déterminée à participer à un mouvement « Pour l’abolition universelle de la maternité de substitution », non pas au nom de la sauvegarde de la famille traditionnelle hétérosexuelle, mais sur des valeurs de justice sociale, d’égalité et dans une démarche féministe.

En juin 2017, CQFD Fierté Lesbienne prend la décision de poursuivre les combats de la CLF dans trois domaines *:

  • L’action contre les violences lesbophobes, sujet déjà au cœur de ses propres actions ;
  • La lutte pour l’abolition universelle de la GPA, dans laquelle les membres de CQFD étaient en première ligne à la CLF ;
  • La relation avec les organisations féministes et les institutions.

En 2018, pour marquer cette évolution, CQFD Fierté Lesbienne change de nom pour devenir CQFD Lesbiennes Féministes.

Cette même année CQFD Fierté lesbienne participe, en tant que membre fondatrice avec la CADAC, le CoRP et L’Assemblée des Femmes, à la création de la Coalition Internationale pour l’Abolition de la Maternité de Substitution CIAMS.