Lesbiennes Féministes nous agissons contre la lesbophobie

L’association CQFD, lesbiennes féministes s’est engagée contre la lesbophobie dès début 2000.
Bannière Egalité contre toutes les discriminations

Pourquoi choisissons-nous de nous nommer lesbiennes et non pas homosexuelles ?

Le terme « homosexuelle » met l’accent sur l’orientation sexuelle, point certes important, mais insuffisant pour qualifier ces milliers de femmes homosexuelles, militantes, impliquées socialement et politiquement qui se sont engagées contre toutes les discriminations, pour l’égalité et un monde juste, dans le même mouvement que le féminisme. De plus le terme « homosexuel » invisibilise les lesbiennes au prétexte d’un universalisme inadapté. Pour se nommer, elles se sont donc réapproprié le mot lesbienne, trop souvent utilisé pour les dévaloriser ou comme insulte.

La lesbophobie, une discrimination à nommer car « ce qui ne se nomme pas n’existe pas »

« Quand les lesbiennes sont discriminées, elles le sont à la fois comme femmes dans un monde régi par les hommes, et comme homosexuelles dans une société hétérocentrée. Le terme de lesbophobie décrit donc la conjugaison de cette double discrimination.
La lesbophobie se manifeste par la peur et la haine envers les lesbiennes parce qu’elles transgressent les rôles féminin/masculin, et sont indépendantes des hommes sexuellement, et en partie économiquement. »

Extraits des travaux de la commission lesbophobie de la coordination lesbienne en France.

L’association CQFD Fierté Lesbienne a placé l’action contre la lesbophobie au cœur de ses activités, ici et dans le monde

En 2000, elle a créé un fonds de solidarité lesbienne. Il est destiné à couvrir une partie des frais d´avocatE dans les actions en justice intentées par des femmes, des lesbiennes dans des cas de lesbophobie.
Ce Fonds est constitué des excédents dégagés par les grandes fêtes lesbiennes-féministes organisées de 1995 à 2005 à Paris, par CQFD dans le cadre de la Fierté Lesbienne, manifestation de visibilité lesbienne à l’occasion des marches des fiertés LGBT.
A partir de 2010, le fonds de solidarité s’est ouvert à des actions de soutien à des organisations lesbiennes dans les pays où le lesbianisme est violemment réprimé.

Le fonds de solidarité lesbien constitué par CQFD a permis de financer et gagner une dizaine de procès en lesbophobie

  • 2001. V. avait entamé une action contre les propriétaires de la pharmacie où elle travaille qui l’ont stigmatisée comme lesbienne auprès des clients. Le procès gagné en première instance a été perdu en appel.
  • 2001. A & B ont été victimes de menaces de mort, harcèlement insultes à l’instigation d’un voisin.
  • 2002. Dans la localité où elle était entraîneuse sportive des équipes féminines de football, N. a entamé une action contre le maire pour injures lesbophobes proférées lors du conseil municipal.
  • 2004. Licenciée parce que lesbienne, G. a gagné son procès auprès des prud’hommes pour licenciement abusif. Elle a dû ensuite répondre à une action en diffamation intentée par son ex- employeuse.
  • 2004. C. s’est vu retirer progressivement toutes ses responsabilités professionnelles après avoir participé à une émission de télévision sur la maternité lesbienne.
  • 2009. C et P, deux jeunes lesbiennes agressées oralement et physiquement ont gagné le procès qu’elles ont eu le courage d’engager et pour lequel la CLF (Coordination Lesbienne en France) s’était portée partie civile.
  • 2010. Trois jeunes lesbiennes ont été agressées par des groupes d’extrême droite lors d’un Kiss-Inn.
  • 2011. Victime d’une tentative de meurtre de la part de sa famille, sa première plainte a été classée sans suite en raison, elle a donc décidé de réintroduire une procédure.
  • 2012. Un couple de lesbienne a été agressé en soirée à la sortie du métro. Leurs agresseurs ont été identifiés et confondus grâce aux caméras de vidéosurveillance.
  • 2012. Un couple de lesbiennes s’est vu menacé dans le village où elles se sont installées dans le sud de la France.
  • 2015. Une jeune femme a été écartée du poste promis suite à une campagne féroce de dénigrement interne à l’entreprise car présumée lesbienne.
  • 2017. Au sortir d’une boite de nuit, 2 jeunes femmes sont prises à parti, insultées et rouées de coups.
  • De 2011 à 2017. Le fonds de solidarité a appuyé de organisations lesbiennes dans 3 pays où l’homosexualité est criminalisée et soutenu plusieurs lesbiennes menacées dans leur existence.