Histoire de la Fierté Lesbienne

Pendant 10 ans, à Paris de 1995 à 2005, mais aussi en région, les organisations lesbiennes portent des actions de visibilité lesbienne, festives, politiques et culturelles. Car, disent elles, « les lesbiennes trop souvent niées, trop souvent ignorées revendiquent non seulement le droit d’être ce qu’elles sont, mais aussi disent leur solidarité avec les autres oppressions, revendiquent leurs droits en tant que femmes, et proclament l’importance d’être ensemble en organisant “LA FIERTE LESBIENNE”, un moment fort d’affirmation , de visibilité et de créativité des lesbiennes »

1995. Le hasard fait bien les choses. Par une coïncidence de dates, une Fête de Lesbia Magazine se transforme en événement lesbien de ce qui s’appelait à l’époque Lesbian and Gay Pride / Paris (LGP).

1996. Galop d’essai. Relayées par la plupart des associations lesbiennes de Paris et des régions, Cineffable, organisatrice du Festival « Quand les lesbiennes se font du cinéma » et le journal Lesbia Magazine initient la « Fierté Lesbienne », une opération d’identification du mouvement lesbien au sein de la LGP. La salle Wagram, choisie pour son cadre accueille l’événement : forum associatif et grande fête.

1997. L’Europride versant lesbiennes, une palette d’événements culturels. Cinéma lesbien, concert, forum des associations et fête, la Fierté Lesbienne est un succès : 30 000 femmes dans la marche, 3 000 à Wagram. L’association CQFD-Fierté Lesbienne/Paris (qui prendra le nom de CQFD Lesbiennes Féministes à partir de 2018) est créée pour porter le projet Fierté Lesbienne en collaboration avec d’autres organisations lesbiennes.

1998. Visibilité plus grande. Deux semaines de cinéma, un concert, le char de la Fierté Lesbienne aux couleurs lesbiennes jaune et mauve, des débats, un espace vidéo, le forum avec 70 stands et 1100 visiteuses, 2 500 femmes pour faire la fête à Wagram et la présence de nos amies canadiennes.

1999. Des lieux superbes. Bobino pour le concert, MK2 Beaubourg pour le cinéma et bien sûr l’espace Wagram, somptueux lieu mythique dans Paris, pour la fête, le forum, l’espace vidéo, un salon littéraire et un débat qui interroge les commissions lesbianisme et homosexualité des partis politiques. Portée par cinq associations lesbiennes, la manifestation s’étend ensuite sur 3 week-ends. (ADELE CINE/TGTL produit, réalise et diffuse des documentaires vidéos, et chaque semestre le journal vidéo des actualités lesbiennes ; CINEFFABLE organise depuis 1992 le festival « Quand les lesbiennes se font du cinéma » ; CQFD. porte le projet Fierté Lesbienne à Paris en relation avec d’ autres associations lesbiennes ; LESBIA MAGAZINE publie, depuis 1981 le mensuel lesbien du même nom ; STRYGE s’est créée en 1999 pour l’organisation de concerts.

2000. Engagement contre la lesbophobie. CQFD-Fierté Lesbienne décide de financer des actions contre la lesbophobie. Dans la marche de la Lesbian & Gay Pride, le char Fierté Lesbienne affirme que « la lesbophobie est un fléau social » puis, à Wagram, un débat très suivi aborde ce thème sous un angle pratique. Le traditionnel forum des associations lesbiennes donne un coup de projecteur aux initiatives lesbiennes et féministes et accueille une représentante des organisations lesbiennes hongroises. Et toujours cinéma, vidéo et fête. Pour participer à la marche de l’Europride les organisatrices de la Fierté Lesbienne se déplacent à Rome. La banderole Fierté Lesbienne est accueillie chaleureusement et largement applaudie

2001. Fierté très festive et politique. Nouveauté, l’espace Wagram abrite un espace artiste. La lutte contre la Lesbophobie demeure au premier plan avec une table ronde où des responsables institutionnelles (députées européennes, syndicalistes, responsables associatives …) apportent des réponses concrètes à des situations de discrimination. Et encore, char, cinéma, fête …

2002. CQFD/Fierté Lesbienne participe à la Marche des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans dans Paris avec un char décoré et organise la traditionnelle grande fête lesbienne de 23h à l’aube à l’espace Wagram.
Elle initie un projet de réseau lesbien européen (dans le cadre de la Marche Mondiale des femmes contre les violences et la pauvreté et à l’initiative de la Coordination Lesbienne Nationale) et finance des actions en justice contre les violences lesbophobes. Les organisatrices de la Fierté Lesbienne se déplacent à Neuchâtel pour soutenir les lesbiennes Suisses dans la « lesbienne et gaie Pride 2002 ».

2003. Le char Fierté Lesbienne dans la marche LGBT et la Mégafête lesbienne à l’espace Wagram sont toujours organisés, mais le forum des associations avec l’espace vidéo, la musique, les expositions, les débats sont abandonnés, le programme de la journée ne permettant plus de faire coexister autant d’évènements en une seule soirée. Comme chaque année les excédents financiers dégagés par la fête sont versés au fonds de solidarité contre la lesbophobie.

2004. La mégafête lesbienne est désormais organisée à La Galerie associée à un concert et à une exposition photo de 2 photographes lesbiennes.

2005. La mégafête se tient pour la dernière fois à la Galerie. L’équipe organisatrice qui s’épuise décide de mettre fin aux actions de visibilité lesbienne qu’elle organisait traditionnellement à l’occasion de la marche des Fiertés LGBT, mais poursuit les actions contre la lesbophobie.